Six mois pour un site vitrine, et le plus dur n'était pas le site

Étude de cas — site vitrine, contenu et mise en page · massothérapie

Un site fait maison, avec les bonnes informations mal présentées. Une praticienne qui avait déjà tout écrit sans le savoir. Et un chapitre qu’elle a failli ne pas publier.

Parlons de votre projet

En résumé.

Southa dirige Sabai by Southa, une activité de massothérapie, de coaching et de formations installée à Havay, près de Mons. Son site, qu’elle avait construit elle-même, disait l’essentiel sans jamais le mettre en valeur.

La refonte a pris six mois — pas à cause du développement, mais parce que le travail portait sur les textes. Southa avait déjà travaillé son positionnement en amont — la genèse du projet, le pourquoi, les valeurs — et il en restait un chapitre entier où elle raconte son parcours et pourquoi elle a commencé la massothérapie. J’en ai fait la page Philosophie Sabai.

Elle a hésité avant de la publier. Elle l’a gardée — et c’est aujourd’hui ce qui distingue son site de tous les autres sites de massage de la région.

Ce qu’il y avait avant

Le site existait. Southa l’avait construit elle-même, et il faisait ce qu’on lui demandait : dire qui elle était, ce qu’elle proposait, comment la joindre.

Le problème n’était pas là. Les informations étaient posées sur la page, pas présentées. Rien ne guidait la lecture, rien ne hiérarchisait ce qui compte, rien ne donnait envie de descendre jusqu’en bas d’une page.

Et surtout : rien ne disait pourquoi elle plutôt qu’une autre.

Ce que j’ai trouvé, et que je n’attendais pas

Mon premier réflexe sur ce projet n’a pas été d’écrire. Il a été de lire.

Southa avait travaillé son positionnement bien avant de me confier le site : la genèse du projet, le pourquoi, les valeurs. Il en restait beaucoup de texte — bien plus que ce qu’on trouve habituellement au démarrage d’un site vitrine. Et dans ce texte, un chapitre entier où elle parlait d’elle : son parcours, et pourquoi elle avait commencé la massothérapie.

Ce chapitre n’était pas destiné au site. Il n’avait été écrit pour personne d’autre qu’elle.

C’est devenu la page Philosophie Sabai — l’équivalent d’une page à propos, sauf que celle-ci raconte quelque chose.

La décision, et ce que j’ai écarté

Il y avait une option évidente, et je l’ai écartée.

Un site de massothérapie standard — prestations, tarifs, formulaire de contact — se construit en trois semaines sur un gabarit. C’est ce que la plupart des prestataires auraient proposé, et ça n’aurait pas été malhonnête : le site aurait été plus beau que l’ancien, plus rapide, plus lisible.

Il aurait juste ressemblé à tous les autres.

Dans la massothérapie, l’offre se ressemble d’un praticien à l’autre. Les techniques portent les mêmes noms, les durées sont les mêmes, les tarifs se tiennent dans un mouchoir de poche. Ce qui ne se copie pas, c’est la personne.

J’ai donc construit le site autour de son histoire plutôt qu’autour de son catalogue, et accepté que le calendrier soit dicté par les textes et non par le développement.

Le prix de cette décision : six mois au lieu de trois semaines. Ce délai n’est pas un dérapage, c’est le contenu. Les allers-retours sur les textes ont occupé l’essentiel de ces six mois — et c’est exactement là que se jouait la différence.

Le passage qu’elle a failli retirer

Mettre son propre parcours sur son site professionnel n’a rien d’évident. Southa a longtemps hésité à publier ce chapitre — le lire adressé à des inconnus n’est pas la même chose que l’avoir écrit pour soi.

Elle l’a gardé. Parce qu’en le relisant une fois mis en page, elle a senti que le site lui ressemblait enfin, et que c’était précisément ce point-là qui la distinguerait.

C’est sa décision, pas la mienne. Mon rôle s’est arrêté à lui montrer ce que ça donnait une fois en place, et à lui dire ce que j’en pensais quand elle a demandé.

La structure qui en découle

Une fois la décision prise, l’arborescence suit. Philosophie Sabai n’est pas une page « à propos » reléguée en fin de menu : c’est la deuxième entrée du site, juste après l’accueil, et son récit est également repris sur la page d’accueil.

Côté soins, les six prestations — Nuad Thaï, huiles aromatiques, Nuad Thaï aux herbes, réflexologie thaï, Watsu, bon cadeau — tiennent sur une seule page, avec une ancre par technique. Six pages minces auraient dilué le contenu et l’autorité ; une page dense et navigable garde les deux.

Le reste de l’activité a ses propres entrées, parce qu’elle ne s’adresse pas au même public : coaching individuel et collectif, cercles de femmes, formations et agenda d’événements.

Ce que j’ai fait, et ce que je n’ai pas fait

Ce que j’ai pris en charge : l’architecture du site et le parcours de lecture, la mise en page de l’ensemble des contenus, la hiérarchie de l’information, le choix des visuels et leur placement, et l’intégration sous WordPress avec Divi. Le gabarit de départ a été modifié à 95 % — seules quelques mises en page de sections ont été conservées telles quelles.

Ce que je n’ai pas fait : les photos et la vidéo, réalisées par d’autres professionnels. Et le travail de positionnement, que Southa avait mené en amont, avant moi.

Je le précise parce qu’un site réussi n’est presque jamais le travail d’une seule personne — et parce qu’un prestataire qui s’attribue tout est un prestataire qu’il faut relire deux fois.

Ce que ça a donné

Une page dont le titre parle d’elle et pas de ses techniques : « Mon voyage : de la consultante IT à la thérapeute holistique ». On y lit son passage de cheffe de projet informatique à massothérapeute, sa formation à l’école Wat Pho, la maternité comme point de bascule, le Watsu appris pendant le confinement. C’est ce qu’aucune liste de prestations ne peut remplacer.

Une phrase qui tient lieu de positionnement et qu’on retrouve d’un bout à l’autre du site : « Le Bien-être commence par prendre soin de Soi »Southa, Philosophie Sabai.

Et un site vitrine qui fait plus que présenter : témoignages, agenda des prochains événements, inscription à la newsletter, flux Instagram. Autant de raisons de revenir, sur une activité où la décision se prend rarement à la première visite.

Un contenu qui se lit, aussi : hiérarchisé, aéré, avec un parcours clair d’une section à l’autre plutôt qu’un empilement de paragraphes. Et un site dont la propriétaire dit qu’il lui ressemble — critère mou, invérifiable, et pourtant celui qui a débloqué toutes les autres décisions du projet.

Le site est en ligne : sabaibysoutha.com.

Questions fréquentes

Pourquoi un site vitrine peut-il prendre six mois ?
K
L

Parce que le délai d'un site n'est presque jamais celui du développement. Sur ce projet, la mise en ligne technique représentait quelques semaines ; le reste, ce sont les allers-retours sur les textes. Quand le contenu est prêt, un site vitrine se livre en trois à quatre semaines. Quand il ne l'est pas, c'est lui qui commande le calendrier — et vouloir aller plus vite revient à publier un site qu'il faudra refaire.

Faut-il vraiment raconter son histoire sur son site ?
K
L

Quand l'offre se ressemble d'un concurrent à l'autre, oui : c'est souvent le seul élément qui ne se copie pas. Mais c'est une décision qui appartient au client, pas au prestataire. Mon rôle est de montrer ce que ça donne une fois en place, pas de forcer quelqu'un à se raconter.

Et si je n'ai pas de contenu du tout ?
K
L

C'est la situation la plus courante. Elle change le déroulé du projet, pas sa faisabilité : on commence alors par un travail de cadrage pour définir ce qu'il y a à dire, avant de parler de design. C'est plus long au départ, et beaucoup moins cher qu'une refonte six mois après la mise en ligne.

Vous travaillez avec des gabarits ?
K
L

Selon le projet. Sur celui-ci, le point de départ était un gabarit Divi, modifié à 95 % : seules quelques mises en page de sections ont été conservées. Un gabarit fait gagner du temps sur la mécanique, jamais sur la structure ni sur le contenu — et c'est là que se joue la différence entre deux sites.

Vous réalisez aussi les photos et les vidéos ?
K
L

Non. Je travaille avec les visuels existants ou avec ceux de photographes et vidéastes, et je m'occupe de la sélection et du placement. Sur ce projet, les images et la vidéo ont été réalisées par d'autres professionnels.

Un site qui doit vous ressembler ?

Décrivez-moi le contexte en quelques lignes. Un premier échange sans engagement permet de savoir ce qu’il y a à dire avant de parler de design.